HISTOIRE DE SA VIE

André BRAGEU est né le 13 septembre 1920 à Douai, d’une famille d’artiste, à l’ombre du Beffroi qu’immortalisa Corot. Il entre à l’âge de seize ans à l’Ecole des beaux-arts de sa ville pour y entreprendre des études de dessin, de peinture, de sculpture et d’architecture. Plusieurs médailles d’argent et une médaille d’or de la ville de Douai couronneront cette période.

En 1941 il arrive à Paris et entre à l’école des Arts Décoratifs et à l’école des Beaux-Arts comme élève libre. De cette période il nous reste quelques toiles, ayant comme sujet Douai sous les bombes, la neige à Paris, des natures mortes et des paysages. Ces toiles sont aujourd’hui fortement abimées en raison de la médiocre qualité des matériaux disponibles en temps de guerre. Il expose de façon assidue au Salon d’Hiver de 1947 à 1955. Entre 1951 et sa retraite, il mène une carrière professionnelle chargée dans une entreprise de travaux public sans pour autant abandonner la peinture. Celle-ci s’enrichira de la rigueur de son métier.

Les deux décennies qui suivent (1986 à 2006) seront particulièrement actives. Il expose au salon de la mairie du 14e, et prend part à la régie des oeuvres. Il expose au salon des artistes Douaisiens, sa ville natale.

Il crée avec le Président Maurice Gourdon, l’association des « Peintres et Sculpteurs Témoins du Quatorzième » (PST14) dont le premier salon a lieu en 1990 et dont nous fêterons cette année le 30 ème opus. Il en deviendra le président à la disparition de Maurice Gourdon et passera le relais à Marie Lize Gall en 2004.

Il rejoint « l’Atelier 75 » présidé par Louis Moruzzi et ses toiles sont exposées à la centrale de Neuville sur Loire, puis à la Mairie du 9 Arrt, à la Galerie du Montparnasse, et dans bien d’autre lieu. Il entre à «l’Association des Amateurs d’Arts (A.A.A)» et expose à la Mairie du 4e Arrt de Paris. Il obtient le premier prix de peinture figurative des Amateurs d’Arts.

La quasi totalité des toiles, ayant pour thème Paris, a été réalisée dans l’effervescence de cette période. De grandes figures comme louis Moruzzi, francis Harburger, daniel Vacher, louis Nicot, yves Junius, madeleine Aimé, denise Ballard, régine David, instaurent un climat de franche camaraderie et une émulation, favorable à la créativité. La facture des scènes de vie en est le témoignage.

En 1996 il recoit le prix signature section peinture du «Salon des Artistes Présents». L’année suivante la revue « visage du vingtième siècle », revue de la légion violette (association culturelle des membres de la Légion d’Honneur et des Palmes Académiques des Arts et Lettres) publie un article avec photo couleur de sa peinture sur les artistes de la Coupole.

La ville de Paris lui décerne en 2005 la médaille grand vermeil pour son implication dans la vie associative et locale.

Membre de la société historique et archéologique du 14e, de 1989 à 2014, il est élu Vice-président en 1996, chargé de la Vie locale et de la culture. En cette qualité, il organise et participe à de nombreuses manifestations tel que des journées portes ouvertes , journées du patrimoine, brocantes, fêtes de quartier … et assure la publication de la revue de la SHA.
Afin d’accomplir au mieux cette charge, son oeil de peintre toujours à l’affut, son carnet de croquis dans sa poche, il parcourt les rues de son arrondissement. Cela nourrit sa créativité comme le montre la richesse et la diversité de ses toiles sur Paris.

Peintre éclectique, amoureux du bonheur du jour, rien ne semblait pouvoir arrêter son insatiable appétit de peindre.

La DMLA, détruisant son oeil, outil principal de son art, l’obligera à abandonner les pinceaux.

Rémi Brageu,
extrait du catalogue "André Brageu, Exposition" 2017

Hommage à André Brageu (1920-2014)

André Brageu est né en 1920 à Douai, à l’ombre du beffroi qu’immortalisèrent Camille Corot et Victor Hugo, d’une famille dont le père était musicien et le frère de celui-ci sculpteur. Il s’inscrivit à l’âge de 16 ans à l’Ecole des Beaux-Arts de sa ville natale où il s’initia au dessin et à la peinture, sous la direction du professeur Victor Florent Méreau, élève du peintre Fernand Cormon. Il compléta ensuite sa formation en suivant les cours d’architecture et de sculpture du professeur Camille Minotti.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, il s’installa en octobre 1942, rue Daguerre poursuivant ses études à l’Ecole des Beaux-Arts de la ville de Paris, vivant alors avec sa sœur Yvette. Il refusa de partir en Allemagne nazie pour le STO dont il était réfractaire.

Recherché par les polices nazie et française, il a toujours réussi à échapper à leur surveillance. La concierge de l’immeuble, Madame Viala qui était appelée affectueusement Mémère. A cette époque, les locataires laissaient leurs clés à la loge. Il aimait rappeler la résistance subtile de sa concierge, la précieuse Mémère. Je cite ses propos. « En arrivant dans l’immeuble, j’allais prendre mes clés à la loge. Je la saluais en poussant la porte. Mémère me repoussait en me disant « mais je ne vous connais pas », je savais ainsi que la police était à la recherche de personnes. Je partais alors dans le quartier, en attendant que la perquisition soit finie, et les amis venaient me dire que le danger était passé. »

André Brageu nous a également raconté que lors des contrôles d’identité qui se tenaient à la sortie du métro Denfert-Rochereau, les usagers prévenaient ceux qui descendaient par un geste significatif. Par contre, il a été pris par les gendarmes qui l’ont conduit à la caserne de Port-Royal. Lors de son interrogatoire, un gendarme lui signifia de se rendre aux toilettes ce qu’il refusa, ne manquant pas de caractère. L’agent de la force publique insistant, il s’y rendit trouvant une porte entrebâillée sur l’extérieur par laquelle, il a pu ainsi s’échapper. A la Libération de Paris, il a courageusement participé à aux combats de la rue Froidevaux et de la rue Daguerre.

A la suite, il a exercé le métier de tapissier puis il est entré au bureau d’études d’entreprises de travaux publics, travaillant notamment pour les Ponts et Chaussées. Licencié pour des raisons économiques au bout de 27 années de bons et loyaux services, il se lança avec un de ses camarades des Beaux-Arts de la Ville de Paris dans le façonnement de présentoirs pour des grands parfumeurs, joailliers et lunetiers.

Parvenu à l’âge de la retraite, il se consacra à sa vocation première qui a été celle d’artiste peintre. Au temps de la présidence de René-Léon Cottard, il adhéra à la Société Historique et Archéologique du XIVe arrondissement, proposant, d’ailleurs, de décorer le stand de la Brocante. Elu à la suite au Conseil d’Administration de sa chère Société Historique, il en deviendra l’un des vice-présidents en 1996, se dévouant corps et âme, devenant ainsi l’une de ses chevilles ouvrières. Il s’est investi à écrire des articles dans la revue et le bulletin ainsi que pour sa mise sous pli. Il veillait sur la collection des cartes postales tout en rangeant et décorant la salle des archives. Il installait le stand de la Brocante tout en s’occupant avec un soin extrême de l’exposition, révélant, si besoin est, un grand sens artistique. Il y avait exposé de nombreuses toiles en belle compagnie de ses cartes postales et des œuvres de ses amis peintres.

A l’annonce de la disparition d’André Brageu, nous avons été très peinés. Ce fut une grande perte pour la Société Historique et Archéologique du XIVe arrondissement. Nous avons ainsi perdu un ami très cher.

Georges Viaud,
président de la Société Historique et Archéologique du XIVe